Nouveau paradoxe en politique



L'entrée en politique des femmes et la prise des hauts postes par la gente féminine n'a fait qu'entrainer, depuis ces dix dernières années, une conception rétrograde de l'homme dominant, en politique.

Je dirais que les hommes sont troublés par l'évolution du jeu politique et de la répartition des places en son sein. En effet ils ne sont plus concurrencés par eux-même, mais sont confrontés aussi par l'autre genre.  L'acceptation des femmes en politique comme vecteur de changement a du mal à faire son entrée et n'est pas au goût de tous. Il suffit de lire le livre La face cachée du Quai d'Orsay par Vincent Jauvert, pour se rendre compte que ces schémas de pensées sont imprégnés dans le fonctionnement de l'institution. Implicitement les femmes ont inculqué le fait que certains de ces postes et ambassades restent réservés aux hommes et ne prennent même plus la peine de postuler. On parle de parité en politique, avec une hausse de la représentativité homme/femme dans le jeu politique et les postes à hautes décisions. Mais on s'aperçoit vite que ces taux dégringolent selon le prestige de l'offre.
Les hommes qui ont toujours été privilégiés en politique refusent le fait d'avoir à faire une place à l'autre sexe. Et c'est encore plus fort et plus profond que ça! Ce n'est pas tant l'obligation d'avoir  à partager ces postes, mais le fait de consentir que le sexe masculin est défaillant et ne permet plus à la société aujourd'hui de prospérer. C'est surtout dans le monde de la politique, le domaine financier ou encore dans tout ce qui touche à la défense que s'est crée une sorte de blocage. En effet ces trois sphères remettent en question l'emprise du pouvoir par l'homme et l'importance de la virilité pour mener à bien un projet. Donc c'est une remise en question complète qui vient bousculer l'homme moderne.
Ce qu'il se passe c'est le développement d'une forme de d'insécurité chez l'homme face à la montée des femmes, mais aussi des homosexuels, comme un sentiment d'impuissance qui s'imprègnent dans leur comportement.  Malheureusement la réponse à cette état de conscience se traduit par la radicalité des prises de position et une tendance à l'hégémonie masculine. L'essayiste Pankay Mishra illustre cette pensée avec des portraits d'hommes politiques en vogue. Il évoque le coté misogyne de Donald Trump ou encore le comportement exacerbé masculin de Vladimir Poutine.
L'interrogation sur de la répartition du pouvoir me parait plus que nécessaire et demande impérativement une plus grande prise en charge par les pouvoirs publics, les acteurs concernés ainsi qu'un élan de solidarité qui émanerait de la société civile pour que l'égalité des sexe ne soit plus une tâche en politique.

Campagne de sensibilisation sur l'égalité des hommes et des femmes , lancée en France par le Laboratoire pour l'Égalité en 2012


Voir au dela des séries

A partir du jour où j'ai eu en cadeau mon premier ordinateur portable j'ai toujours privilégié la plupart de mon temps libre à  regarder des séries plutôt que de films. L'atmosphère qu'apporte la série est, selon moi, complètement différente du film. Elle nous plonge pendant une période donnée dans une ambiance spéciale, parfois proche de la réalité, et parfois complètement à l'opposée de nos vies quotidiennes. Au cours de toute la durée du visonnage, il y a le temps, qui s'écoule, de façon plus ou moins rapide en fonction de la durée des épisodes et du nombre de saisons. Nous prenons le temps de voir les personnages évolués, d'autres disparaissent. Les intrigues se complexifient, se résolvent, pour au final en voir resurgir de nouvelles. Les épisodes d'une série sont pour moi comme une forme de voyage et rendent compte en différentes saisons d'une immersion totale dans un monde parallèle et en superposition avec ma réalité quotidienne. "1 mois, 26 jours, et 8 passé à regarder des séries" ; c'est ce que me rappelle pour appli sur mon téléphone.. le binge-watching on est en plein dedans!

J'ai réellement commencé à m'immerger dans le monde des séries à partir de mon entrée en sixième. Je me souviens de cette sensation de liberté et le mélange de plaisir que j'éprouvais à ouvrir mon ordinateur seule le soir sous ma couette et pouvoir regarder un épisode de série sans aucune restriction, à en abuser parfois. J'ai débuté par les séries phares des adolescentes, c'est à dire l'incontournable Gossip Girl, Pretty Little Liars, Revenge ect. Puis mes goûts se sont affinés avec l'évolution de mes aspirations en tant que collégienne, lycéenne et puis étudiante. Au fur et à mesure que j'entamais ma progression dans ce monde, j'ai débuté à porter un autre regard sur ce que je visionnais et surtout sur ce que je voulais regarder.  Je dirai que chaque série a pu m'apporter un quelque chose à un moment donné de mon existence. J'ai apporté une importance forte à certaines intrigues,  et aujourd'hui je n'éprouverai plus autant d'intérêts  à re-regarder certains épisodes qui  seraient trop naïfs.
D'autre part regarder une même série sur un temps donné est pour moi une forme de routine, un ancrage certain, un évènement quotidien sur une période éphémère certes, puisque une série n'est jamais éternelle, mais réconfortant. J'ai puisé énormément dans les séries ; des émotions, des ressentis, des souvenirs, des leçons de vie. Elles m'ont offerte une forme de direction à suivre et de mise en perspective. Bien sur il faut relativiser leur portée et leur rôle social ou psychologique puisque celles-ci sont le produit de grands studios de distribution et dans cette perspective nous sommes des consommateurs et donc des cibles à atteindre. Les scénarios sont alors construits pour toucher le plus grand nombre véhiculant parfois certaines formes de stéréotypes.
Par la suite j'ai été attirée et je le suis toujours par les séries de sciences-fictions dramatiques à l'image d'Orphan Black, The 100, Game of Thrones. C'est en regardant un peu de tout que j'ai pu trouvé le type de série qui me plaisait le plus. J'aime surtout les séries historiques, même si elles sont toujours un peu romancées, comme Versailles, the Crown, Downton Abbey, Peaky Blinders ainsi que les séries d'actualité qui reflètent les problématiques sociales, environnementales et géopolitiques de notre temps. Nous pouvons citer ici la prestigieuse série Homeland, l'incontournable Mr. Robot, Orange is the new Black avec une thématique plus accessible, Black Mirror. Mais c'est surtout les épisodes de la fameuse série SENSE8 qui à mon gout reflète au mieux les enjeux du monde contemporain.



Mais je souhaitais aborder une autre facette de la série ; c'est sa dimension géopolitique. Aujourd'hui les séries sont une clé pour comprendre le monde. Elles reflètent nos plus grandes préoccupations ainsi que nos éternels questionnements qui nous démunissent. En lisant l'ouvrage de Dominique Moïsi La géopolitique des séries ou le triomphe de la peur  j'appréhende une autre dimension que la simple satisfaction à regarder un épisode d'une série. Effectivement je m'étais rendue compte de l'aspiration des producteurs à s'inspirer de la réalité pour décrire nos peurs et nos angoisses. Mais cet essai est vraiment pertinent dans la mesure où l'auteur énonce sa pensée par des séries phares (Borgen, GOT, Occupied..). Dès lors il analyse les intrigues en les comparant à l'état des relations internationales, à la géopolitiques des différentes aires continentales et au changement de société. De par mes études  je m'intéresse  en profondeur à l'état des conjonctures internationales et aux nouveaux enjeux qu'elles mettent en évidence. De ce fait  cette lecture m'a apporté une double satisfaction et je la recommande vivement, même aux personnes avec peu de ressources dans cette discipline. 
L'auteur prend en exemple la série Game of Thrones et, en relayant la thèse d'une politologue, associe chacune des familles avec les pays du Moyen-Orient selon des caractéristiques et ressemblances précises.  L'arrivée de l'hiver représente la montée du terrorisme, de l'islam radical et retranscrit la hausse des clivages politiques et idéologiques qui sévissent sur ce large territoire.
Après les attentats de 2001 les producteurs de série ont mis en scènes des images véhiculants et reflétants les émotions du monde et les angoisses auxquelles les populations doivent désormais faire face. Celles-ci viennent à contre courant des premières séries télévisées qui s'immisçaient dans les foyers pour au contraire divertir les familles et les faire rêver. Enfin le livre aborde également la situation inverse, c'est à dire l'utilisation par le politique du domaine des scénaristes en s'appropriant une partie de leur analyse du monde contemporain.

C'est amusant mais surtout alertant de voir comment les séries sont aujourd'hui devenues des outils incontournables de la compréhension des émotions du monde. Elle viennent façonner les idées du monde. On peut alors se questionner sur la pertinence du message véhiculé, par les scénaristes, de plus en plus pessimiste et noir de la race humaine dans un monde qui est déjà assez sinistre.


“L'habillement est une conception de soi que l'on porte sur soi.” H.Michaud


"Trois jeunes femmes seraient apparus presque nues selon des témoins, choqués, ont souligné leurs poitrines révoltantes. Notre enquête révèle qu'il s'agissait de mannequins du couturier Paul Poiret, qui cherche depuis la saison dernière à remettre à la mode la taille haute, d'un goût plus osé que les sages jupes-cloches ayant cours" énonçait la Gazette de la mode en 1908
La mode s'adapte et se renouvelle au cours des générations. Des pièces s'enracinent dans l'art de la mode et, peu à peu, nous nous les approprions. Les styles apparaissent en fonction de l'évolution des moeurs de la société. F.Godard parle lui de la « modologie », dans son ouvrage La sociologie de la mode. La mode représente un "lieu de rencontre entre les différentes disciplines des sciences sociales autour d’un objet commun et, d’autre part, une tentative de réconciliation entre le temps de la mode, celui du renouveau permanent, et le temps de la science, celui de l’analyse des faits et de la construction des théories". 

Aujourd'hui je publie des photos réalisées pour illustrer l'un des projets de ma soeur, étudiante en design de mode. J'aime beaucoup son univers et ses créations. Elle possède une griffe bien à elle, partagée entre sobriété, simplicité et pièces innovantes. Elle joue beaucoup sur l'oversize, la superposition, le confort et la fonctionnalité. 

Cette série de photo illustre son projet "Demain". "Tomorrow reflète l''idée de progression, d'accompagnement de l'homme en le plaçant au coeur d'une problématique environnementale". Je vous laisse cliquer sur le lien pour découvrir plus en profondeur l'esprit de sa collection et son explication. 











Photographies - Cassandre Bayrou
Prototypes - Body, chemise, trench 



Son portfolio : cassandrebayrou


Retour sur les mobilisations étudiantes



Revenons sur un phénomène qui fait polémique et qui a l'air de s'inscrire dans la durée. En pleine période de partiels, je décide de prendre du temps pour revenir sur ce qu'il se passe en ce moment dans les universités. Au début je ne voulais en aucun cas prendre part, même au sein de l'opposition au mouvement, et laisser se dérouler ces événements. Puis les blocus ont pris de l'ampleur en bloquant d'abord Sciences Po Paris ainsi que six autres IEP, venant jusqu'au sein de ma propre école, Sciences Po Lyon. Etant étudiante cela me touche de plein fouet, bien que la partie de mon école à Saint-Etienne n'a pas encore subi le blocus (y'a des avantages à être dans un Sciencespo délocalisé lol).
Je ne délégitimise pas l'action des manifestants pour autant, mais il me semble important de revenir à l'essence même du "problème" et de cette agitation sociale. 

Je suis le genre de personne assez discrète dans mes revendications, je n'aime pas me revendiquer comme tel et faire assez de bruit pour que les autres se rendent compte de ma présence et commence à s'intéresser à la cause en elle-même. Je suis bien évidemment consciente de ce que je suis, ce que vers quoi je veux tendre et je suis pleinement apte à défendre mes droits et mes idées, mais je ne préfère pas m'apparenter à des groupes qui soutiennent une forme de "conscience et de solidarité collective" et qui peuvent s'accaparer mon nom au profit de la défense d'un idéal ou d'une cause.
Que ce soit politiquement ou socialement, on peut avoir du mal à me cerner en raison de mes prises de positions qui parfois peuvent être contradictoires. De base je ne souhaite pas me cramponner à une case prédéfinie et me coller une étiquette ; la société nous attribue déjà assez de caractéristiques stigmatisantes, il n'est pas nécéssaire d'en rajouter. 
C'est pourquoi j'ai décidé de ne pas m'apparenter à ces mobilisations étudiantes, qui implicitement viennent s'opposer au pouvoir politique en lui-même sous-jacent la classe sociale dominante qui serait incarnée par le Président de la République Emmanuel Macron

A l'origine ce mouvement de contestation étudiante découle de la réforme d'APB, la plateforme post-bac, que l'on nomme aussi Loi Vidal - ORE. Le gros du travail est de réformer une partie du sytème d'entrée en fac, mais également de redéfinir le mode de gestion des candidatures de la plateforme. Le projet contient également d'autres réformes au niveau des filières et du bac. En gros les bacheliers auront la possibilité de faire une licence par exemple en quatre ans, dans le but de favoriser une remise à niveau. Puisque nous le savons très bien et ce n'est pas un leurre, même si le bac est le même pour tout le monde, les compétences acquises et l'enseignement véhiculé au sein des différents lycées selon les zones géographiques et selon le type même de l'institution (publique ou privé) sont loin d'être égalitaires et similaires. Il serait complètement faux, de prôner l'universalisme et l'équité parfaite entre les lycéens. 
En ce sens tout le monde aurait un accès prioritaire et adapté aux besoins de chaque étudiant. Néanmoins, certaines personnes se verront refuser un accès à certaines facs dans le but de mieux équilibrer les profils et donc de rendre les places réparties au sein des différentes types d'enseignement des facs de façon plus homogène. Ainsi cela permettrait de libérer des places et d'éviter alors le tirage au sort, qui certes est la solution la plus égalitaire et démocratique, mais qui  n'est pas la plus juste!   
On s'insurge contre la sélection à la fac, mais au regard des autres filières au sein du système éducatif dans le supérieur, presque toutes sont sélectives. Prenons l'exemple des BTS,  des IUT, des licences professionnelles qui elles sont archi sélectives de par l'offre si maigre face au nombre excessive de demandes. 

Alors oui l'accès à l'université est censé être universel et chaque personne devrait pouvoir s'y inscrire même si elle ne sort pas forcément de l'enseignement général. Mais regardons la situation aujourd'hui. Un étudiant sur trois abandonne la fac en première année! Que préférons-nous? Un sytème qui se doit d'être "parfaitement égalitaire" mais inefficace au regard de tous ces échecs, et qui donc reflèterait un manque total de rigueur du sytème éducatif, et une perte de légitimité de l'enseignement supérieur français ? Ou alors une recomposition lente, qui forcément entraine des déséquilibres, à l'essence même de toutes réformes (économiques, sociales, sociétales) pour tendre à une meilleure harmonisation de l'enseignement. Seul 28% des inscrits en L1, juste après le bac, ont obtenu un diplôme de licence en trois ans, après avoir passé le BAC. C'est donc cela le supérieur aujourd'hui? Une espèce d'institution idéale qui prône l'accès à tous, mais qui au final ne rempli pas même le quart de ses objectifs? C'est se voiler la face de penser que l'université n'est pas disparate! 
De nombreuses critiques du projet sont tout à fait pertinentes et ont besoin d'être prises en considération. Effectivement la répartition au sein des différentes facs se feront selon des critères plus personnels, c'est à dire une forte attention portée à la lettre de motivation, au CV, en gros à la personnalité même de l'individu. Dès lors cela créer une forme de disparité entre les étudiants venant des différentes classes sociales. Pour reprendre le terme d'IEP en lutte : "la sélection est socialement discriminante". Celle-ci favorise la reproduction sociale. Mais c'est tout le système scolaire dans son ensemble qui est inégalitaire et ceux depuis les premières lois Ferry. Nous le savons tous, l'école favorise le capital culturel des CSP+ par l'apprentissage d'une culture classique au profit de la culture populaire. En ce sens, c'est toute l'école qu'il faut réformer, et cela passe justement par des mesures progressives. L'équilibre à un système juste ne se fait pas en un simple projet de loi. Si l'on souhaite réformer un système pour combler ses lacunes et le rendre plus efficace, il faut forcément passer par des cycles d'ajustement , afin que la structure en elle même se rééquilibre. On retrouve ce même schéma au sein du dispositif économique, ce n'est pas anodin.

Alors non je ne nie pas ces réalités discriminantes aujourd'hui, et non je ne les excuse pas au bénéfice de l'attente des retombées d'un projet. Je pense que c'est maladroit d'associer cette réforme avec l'idéologie néolibérale! Il ne faut pas tout mélanger. En tant qu'étudiants, nous avons toujours tendance à associer les maux de la société avec les ravages du libéralisme




Bref, mon but n'était pas de faire l'analogie de cette "révolte étudiante", ni de créer une sorte d'appel à la contre mobilisation, mais seulement d'exprimer mon avis et de poser les réels enjeux du sujet. Toutes les opinions politiques sont respectables, chaque personne a la légitimité et le droit de croire en ses propres convictions et de les revendiquer si elle en voit le besoin. 
Je ne dénigre en aucun cas le fait que ce soit également des étudiants de Sciences Po, école sélective par laquelle on rentre en passant un concoursqui militent. Ce n'est pas parce que nous faisons parti d'une autre dynamique que nous ne pouvons pas la défendre, cela serait avoir un esprit assez fermé et une honnêteté intellectuelle moralement arrêtée que de penser cela.
Encore une fois je respecte totalement et je suis fière de voir que notre jeunesse se mobilise et qu'elle se bat ce pour quoi elle croit.  Car ne n'oublions pas, nous incarnons l'avenir et nous sommes, tous ensemble, la promesse du changement très prochain de la société




La Syrie n'a pas toujours été un pays bouleversé

Photographie  : Ekaterina Zhuravleva  


Aujourd'hui les seules images que nous voyons de la Syrie sont celles d'un pays dévasté, en ruine, détruit par son propre dirigeant et envahit par le terrorisme. Nous nous sommes habitués à voir son peuple souffrir. Nous les voyons s'en remettre à Dieu et implorer la communauté internationale par l'information des caméras relayée à travers le monde sur nos chaines occidentales. Au moins on en parle me direz-vous ! Oui mais en parler est devenue une réalité qui a fini par être intégrée par le plus grand nombre, et s'est enfermée dans l'information banale et quotidienne. C'est devenu quelque chose de normal d'allumer sa télé le soir, de descendre son fil d'actualité Facebook et de tomber sur des vidéos de bombardement relayées quasiment en direct sur nos écrans ? En tapant "Syrie" sur internet, on tombe sur des gros titres : " Comment Assad a gazé son peuple? "

On parle d'un pays en proie à une agonie sans fin. Une agonie que l'on accentue en agissant à moitié par l'intermédiaire des résolutions prises au CS et qui ne sont presque jamais appliquées ou des multiples condamnations qui ne trouvent plus aucune légitimité. Sa population a fini par développer une haine croissante de l'Occident, accentuée par l'Islam radical nous accusant la cause principale des maux du pays. A qui la faute ? 

Qui se rappelle de la Syrie réputée pour ses activités commerciales, à la périphérie de la Route de la soie, avec ses célèbres souks. Aujourd'hui les seuls tweet posés par "les citoyens syriens" sont avant tout des appels à l'aide. Je mets le terme citoyen entre guillemet, puisque si l'on se réfère à la définition de Debray, dans La République expliquée à ma fille : " le citoyen, c'est celui qui participe de son plein gré à la vie de la cité. Il partage avec ses concitoyens le pouvoir de faire la loi, le pouvoir d'élire et, le cas échéant, d'être élu". Alors où est le problème ? De quelle citoyenneté parlons-nous ? Ou alors avons-nous possédé une vision beaucoup trop idéalisée de l'évolution de l'autoritarisme en Syrie ? D'un point de vue personnel, je refuse de mentionner que  les Syriens sont pleinement dotés de leurs droits civiques. 

Enfin bref, aujourd'hui je souhaitais véhiculer une autre image de la Syrie, une facette que l'on a complètement effacée du paysage depuis le début de la guerre en 2011. Je vous invite donc à regarder cette vidéo, publiée le studio WatchCut Video, retraçant les critères de beauté en Syrie sur plus d'un siècle. J'étais partagée en voyant cette vidéo circuler sur mes réseaux sociaux. Un mélange de surprise en voyant le visage illuminé de cette femme qui s'amuse à remonter le temps en jouant sur le maquillage. La société syrienne était vachement imprégnée des codes occidentaux, par le rouge à lèvre notamment. Cela s'explique du fait que le pays est une ancienne colonie française. Les coiffures étaient plutôt extravagantes, les femmes libres. On voit la nette différence en 2010, qui montre une femme voilée, vêtue de noir, ne portant pas une seule trace de maquillage. La guerre referme les esprits, et laisse des traces tenaces et permanentes. Et la femme est l'une des premières victimes de la guerre, du fait de son statut social et de son sexe au Proche et Moyen-Orient. 




➠ Je vous laisse cliquer sur cet article qui est un témoignage de la vie en Syrie avant le début de la guerre