La Syrie n'a pas toujours été un pays bouleversé

24.2.18 Eléonore BAYROU

Photographie  : Ekaterina Zhuravleva  


Aujourd'hui les seules images que nous voyons de la Syrie sont celles d'un pays dévasté, en ruine, détruit par son propre dirigeant et envahit par le terrorisme. Nous nous sommes habitués à voir son peuple souffrir. Nous les voyons s'en remettre à Dieu et implorer la communauté internationale par l'information des caméras relayée à travers le monde sur nos chaines occidentales. Au moins on en parle me direz-vous ! Oui mais en parler est devenue une réalité qui a fini par être intégrée par le plus grand nombre, et s'est enfermée dans l'information banale et quotidienne. C'est devenu quelque chose de normal d'allumer sa télé le soir, de descendre son fil d'actualité Facebook et de tomber sur des vidéos de bombardement relayées quasiment en direct sur nos écrans ? En tapant "Syrie" sur internet, on tombe sur des gros titres : " Comment Assad a gazé son peuple? "

On parle d'un pays en proie à une agonie sans fin. Une agonie que l'on accentue en agissant à moitié par l'intermédiaire des résolutions prises au CS et qui ne sont presque jamais appliquées ou des multiples condamnations qui ne trouvent plus aucune légitimité. Sa population a fini par développer une haine croissante de l'Occident, accentuée par l'Islam radical nous accusant la cause principale des maux du pays. A qui la faute ? 

Qui se rappelle de la Syrie réputée pour ses activités commerciales, à la périphérie de la Route de la soie, avec ses célèbres souks. Aujourd'hui les seuls tweet posés par "les citoyens syriens" sont avant tout des appels à l'aide. Je mets le terme citoyen entre guillemet, puisque si l'on se réfère à la définition de Debray, dans La République expliquée à ma fille : " le citoyen, c'est celui qui participe de son plein gré à la vie de la cité. Il partage avec ses concitoyens le pouvoir de faire la loi, le pouvoir d'élire et, le cas échéant, d'être élu". Alors où est le problème ? De quelle citoyenneté parlons-nous ? Ou alors avons-nous possédé une vision beaucoup trop idéalisée de l'évolution de l'autoritarisme en Syrie ? D'un point de vue personnel, je refuse de mentionner que  les Syriens sont pleinement dotés de leurs droits civiques. 

Enfin bref, aujourd'hui je souhaitais véhiculer une autre image de la Syrie, une facette que l'on a complètement effacée du paysage depuis le début de la guerre en 2011. Je vous invite donc à regarder cette vidéo, publiée le studio WatchCut Video, retraçant les critères de beauté en Syrie sur plus d'un siècle. J'étais partagée en voyant cette vidéo circuler sur mes réseaux sociaux. Un mélange de surprise en voyant le visage illuminé de cette femme qui s'amuse à remonter le temps en jouant sur le maquillage. La société syrienne était vachement imprégnée des codes occidentaux, par le rouge à lèvre notamment. Cela s'explique du fait que le pays est une ancienne colonie française. Les coiffures étaient plutôt extravagantes, les femmes libres. On voit la nette différence en 2010, qui montre une femme voilée, vêtue de noir, ne portant pas une seule trace de maquillage. La guerre referme les esprits, et laisse des traces tenaces et permanentes. Et la femme est l'une des premières victimes de la guerre, du fait de son statut social et de son sexe au Proche et Moyen-Orient. 




➠ Je vous laisse cliquer sur cet article qui est un témoignage de la vie en Syrie avant le début de la guerre